(1) Inutile de chercher dans le dico, ou sur wiki.... en fait, je suis juste scénariste de bandes dessinées.
Mais comme, apparemment, peu de gens savent ce que c'est qu'un scénariste de BD, j'ai inventé un nom pompeux aux consonances de grand savant... ça ajoute du mystère à ce métier bizarre...


Qui suis-je ?

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Scénariste / auteur de BD :

Animation de stages / atelier BD / cours...
Rencontres, dédicaces...

Dolls Killer 3

Après les BD Dolls Killer 1 et Dolls Killer 2....






DOLL'S KILLER 3

 La vie en rose

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La nuit est tombée sur la ville. Une légère brume a suivi la pluie d'une saison pourrie. Une unique lumière est encore visible dans une haute tour moderne. Dans un joli appartement, un ordinateur est allumé. 
L'écran montre un blog tout de rose et de jolis dessins intégrés dans des photos de petite fille. Toujours la même petite fille, avec des nounours, des petits chats dans ses bras. Sa vie contée est visiblement aussi rose que le papier peint en fond d'écran.
Des commentaires s'étalent et une fenêtre de réponse est ouverte. Le propriétaire de l'ordinateur est visiblement en train d'écrire une lettre d'insultes pour la propriétaire du blog.
Troll/98: « Trop meugnon le cat » qu'est-ce qu'il ne faut pas voir comme connerie s sur ce blog. Rosa, grosse vache, si tu t'occupais un peu plus de ta fille, tu...
Une goutte de sang vient tacher l'écran. Puis, un énorme jet rouge éclabousse tout. Devant le bureau, un homme assis à son fauteuil essaie de se libérer de la poigne de l'inconnu qui vient de l'égorger. 
Inconnu: Alors?!!!
Inconnu: C'est trop « meugnon » pour toi ce qu'elle montre sur son site?
D'un autre coup, l'artère est à nouveau tranchée. Un jet puissant arrose l'ordinateur et la baie vitrée qui est derrière. 
Inconnu : Tu préfères le rouge au rose. Détruire ce rêve ! 
On ne voit plus que le bureau. Le jet de sang se calme. 
Inconu: Tu voulais encore salir ce blog avec tes grosses mains sur ce clavier?...
Une main tranchée tombe sur le clavier.
Inconnu: Vas-y.
Dans l'immeuble, aucune autre lumière ne s'allume. Tout est tranquillement endormi. 
La scène continue à peine visible à travers la baie vitrée.
Inconnu en hors champ: Tes yeux pourris voulaient encore baver sur une jolie existence.
La lune est haute dans le ciel au dessus de l'immeuble.
Inconnu: Bave donc!
Le premier œil tombe sans peine...
Dans un coin, sortant d'un sac, une poupée de porcelaine attend de venir finaliser un bien joli tableau.


Il fait nuit. La pluie a chassé la brume d'une saison vraiment pourrie et tombe sur une multitude de voitures de police. Des gyrophares silencieux éclairent des policiers rangés en cordons. Ils interdisent l'entrée de l'immeuble où eux même ne voudraient pas aller. Sous leurs capotes, les flics se disent qu'ils ont de la chance. Il ne fait pas si froid.
Des journalistes sous leurs parapluies prennent des photos et tendent micros et caméras au dessus des policiers impassibles et rêveurs. Qu'est-ce qui s'arrêtera un jour en premier: La curiosité malsaine des gens ou ces pluies mal tombées. Dans une voiture, l'adjoint du procureur John Dunby et le capitaine en uniforme discutent, l'air sordide. 
John dunby: Je dois faire appel aux affaires internes.
Capitaine: Parce que vous croyez avoir vu le lieutenant juliette desanges abattre un suspect sans y être obligé ? Je vous rappelle que le lieutenant a sauvé votre vie. ! Que vous étiez groggy quand ce dingue a été abattu. Êtes-vous vraiment sûr de n'a voir pas rêvé ce que vous avancez Mr l'adjoint du procureur?
John: Je vais demander une suspension.
Capitaine: Vous allez la tuer si vous faite ça. 
  
L'écran de l'ordinateur couvert de sang. 
Flic en hors champ: Bon... Si le médico-légal a récupéré tous les morceaux, je bouge la souris
Un gobelet de café dans une main, le flic pousse la souris avec le morceau de plastique blanc qui lui sert de petite cuillère. L'écran s'éclaire en même temps. 
Flic: Yes! Il était en veille. 
Un peu plus loin, Juliette les bras croisés, regarde ce buveur de café en uniforme penché sur le bureau ensanglanté. 
Flic: Solide la machine. Moi j'ai renversé trois gouttes de café sur mon PC l'autre jour et c'est l'immeuble qui s'est éteint...'
Le flic se redresse en regardant le bout de sa petite cuillère toujours blanche. Il se demande sans doute s'il va devoir la laver. Il abandonne la réflexion et regarde mieux l'écran. Il tripotera sa cuillère aux faux airs de propretée pendant tout le reste du temps…
Flic: Bon... En tout cas celui-là est bien allumé...
Juliette: ... Comme celui qui a fait ce travail Sergent
Le salon, autrefois confortable, est maculé de jets de sang. Le plafond et les murs aussi. Une artère coupée c'est plus efficace qu'un pistolet à peinture. Juliette n'a pas bougé et fixe l'écran comme l'autre flic.
Flic: Et merde...
Juliette: le célèbre blog de... « la vie en rose ». Même moi, j'en ai entendu parler
Flic: Ma gamine en est fan... C'est la deuxième fois qu'on tombe dessus, non ?
Juliette: Un hasard... ou Il a cessé de brouiller les cartes en effaçant l'historique de navigation de ses victimes... 
Le flic se penche pour lire l'écran
Flic: Et c'était un de ces trolls qui vient foutre la merde sur les blogs. Celui-là a été interrompu pendant qu'il envoyait des insultes... Si ce taré veut buter tous ceux qui balancent sur le blog, on a pas fini de ramasser des morceaux. 
Juliette sourit.
Derrière Juliette, le capitaine et John Dunby sont apparus. La jeune femme les rejoint, toujours souriante. 
Capitaine: Toujours en pleine forme dés que vous avez un fou à poursuivre lieutenant?...
Juliette : La liberté est dans le travail capitaine. Et vous john? Vous faites des insomnies ou c'est votre patron qui veut des résultats?
Personne ne sourit parmi les deux hommes. Juliette s'inquiète. Le capitaine lui apprend sa suspension. Décision de l'adjoint du procureur désigné du doigt par le capitaine. Juliette a maintenant un air sombre sur son visage...
Juliette: Et je suis censée laisser tomber mes enquêtes en cours,j'imagine?...
Capitaine: Je suis désolé lieutenant.
Juliette a tourné son regard vers l'écran allumé sur le site de Rosa. Il passe en économiseur d'écran. Une petite fille tenant une jolie poupée de porcelaine paraît regarder le trio de flics à travers l'écran plat. La photo a été transformée  pour ressembler à une sorte de dessin au pastel. 
Seule Juliette tique un instant. Elle va dire quelque-chose. Se ravise. Baisse les yeux. L'image, soudain, s'éteint.
Capitaine: Mais ça ne va durer que le temps de l' enquête des services.


Voice en texte off: La pluie grasse continue de tomber sur cette bonne vieille ville, chers auditeurs. Un temps à se noyer avec plaisir vous diront certains éclusiers.
La nuit. La pluie et l'immeuble de Juliette. Une ou deux fenêtres éclairées, dont celle du lieutenant Juliette.
Voice: Ça me fait penser à un flic que j'ai rencontré un jour. Une bonne femme flic exactement.
A travers la vitre mouillée, on voit sur une table, trois bouteilles de vin blanc vide et un verre qui ne montre pas qu’il est sale. . 
 Voice À un moment, elle m'a dit que la vie était une pute. Alors je lui ai offert une clope et ça lui a fait du bien...
Un ordinateur portable est posé de travers entre une table et une pile de papiers mals rangés sur la table. Juliette, les yeux fatigués, la clope au bec s'assoit, redresse  et allume l'ordinateur. Le blog de « la vie en rose » apparaît. La petite fille dont la maman parle si bien étale les images d'une jolie balade en foret.  Juliette ré-allume sa cigarette, se tourne un instant vers le portrait de la petite fille qui trône toujours sur sa commode derrière elle. Même âge visiblement, mais pas la même époque, ni le même vécu. Pourvu que la gamine de cette « vie en rose » ne finisse pas flic. Ça gâche les jolies couleurs... 
Accoudée à la table, la jeune femme est visiblement ivre et fatiguée. Elle tend un doigt pour caresser le portrait, mais le fait tomber. 
Le téléphone sonne. 
Sergent: J'avais raison vous ne dormiez pas, hein lieutenant?.
Juliette: Vous non plus sergent.
Sergent: J'ai logé votre vie en rose lieutenant. Si ça vous intéresse... 
Juliette ramasse le portrait de la petite fille.
Sergent: Le blog, vous savez ?
Juliette regarde le portrait.
Juliette: Je sais oui... Vous avez déjà donné ces infos à quelqu'un?
  
Un après-midi après la pluie.
Une rue bondée et une belle femme à la cinquantaine charmeuse, Rosa, les bras surchargés de paquets en papiers. Elle est bousculée et laisse tomber dans un juron, un de ses paquets. Elle essaie de le récupérer et en fait tomber un autre. Elle jure très fort de frustration. 
Juliette: Attendez, je vais vous aider.
Juliette est apparue devant Rosa et a déjà ramassé ses paquets. 
La policière paraît petite et enfantine devant Rosa.
Cette dernière sourit, légèrement amusée.
Rosa: Merci, ça va aller je suis devant chez moi...
Juliette: Pas de problème Rosa.
Rosa, cache nerveusement la surprise d’être connue par cette petite bonne femme en blouson cuir. Elle, récupère ses paquets et remonte, l'air pressé, un escalier. Juliette la regarde.
Juliette: Vous ne voulez pas savoir comment je vous connais? 
Rosa: Plein de gens me connaissent.
Juliette: Des fans? À cause du blog c'est ça?
Rosa: Excusez-moi mais j'ai à faire.
Juliette: Je ne suis pas une fan.
Rosa s'arrête et regarde mieux  son interlocutrice... 
 Juliette lui tend sa plaque.
Juliette: Je suis de la police et vous avez de la chance. 
Rosa: Ah...
Juliette: Habituellement, je travaille la nuit.
Rosa examine un instant Juliette.
Rosa: Vous êtes bizarre comme flic.

Un bureau sur lequel s'étalent plein de photos. Des hommes et des femmes allongés, morts, tous une balle au milieu du front. Par terre à côté du bureau, de grosses piles de dossiers s'accumulent.
John Dunby en bras de chemise regarde l'ensemble en silence. Il relève la tête pour maintenant fixer deux flics en civils.
John: Tous sont morts de la même manière... Une balle au milieu du front.
Les quelques témoins de certaines de ces « arrestations » l'ont toujours entendu faire les sommations d'usages.
Mais on n’a jamais pu certifier que les victimes de Juliette Désange, ne s'était pas rendue.
Moi, je pense qu'elle a abattu froidement des suspects. Toujours de la même façon : Une balle dans la tête. 
L'un des flics sourit, l'air désolé.
Flic: Monsieur l'assistant du procureur.
Vous savez bien, que chacune de ces morts attribuées à Juliette Désanges a fait l'objet d'une enquête de nos services.
C'est la procédure habituelle 
John se penche un peu plus en avant vers les deux hommes.
John: Et personne n'a jamais démontré que ces arrestations n'étaient que des meurtres?!
Des meurtres toujours identiques dans le mode opératoire n’a pas mis la puce à l’oreille à vos services ?
Les deux policiers se regardent dans un silence gêné.

Juliette: S'il n'y avait que moi de bizarre, il n'y aurait plus besoin de gens comme moi vous savez?
Rosa sourit et ouvre sa porte. Le palier est minable et l'appartement est dans la même veine. Peu, si peu de meubles. Un ordinateur trône sur une table. Tablette graphiques, scan et autres matériels dernier cri, sont posés à côtés. La chaise pliante dénote avec son plastique premier prix.
Rosa: Vous êtes la première a découvrir mon identité vous savez?
Juliette: C'est le rôle de la police.
Juliette regarde l'appartement pendant que son hôte se débarrasse.
Rosa: Alors, j'ai fait quelque chose d'illégal?
Juliette: Vous ne lisez pas assez les quotidiens.
 Juliette: Vous avez entendu parler du tueur du Web?
Rosa: Comme tout le monde... Même si on ne sait pas autour de quels sites il tourne. j'ai même un peu prié pour qu'il vienne me débarrasser des quelques centaines de tarés qui viennent pourrir mon blog avec leurs insultes anonymes. 
Rosa s'arrête et regarde Juliette.
Rosa: Il l'a fait?
Juliette regarde l'appartement minable et visiblement abandonné par toute forme de ménage.
Juliette: Votre petite fille habite avec vous?...
Rosa: Ma petite fille est morte depuis cinq ans déjà.
Elle regarde autour d'elle. Son logement.
Rosa: Comme moi aussi je crois.
Juliette se tait.
Rosa pose une main sur sa tablette graphique et montre une photo de petite fille accrochée au mur.
Rosa: Grace aux techniques modernes et au web, j'arrive à rêver qu'elle est vivante. Ce n'est pas très sain, mais ça aide. 
Rosa: Et le tueur du web vous m'en parlez?
Juliette regarde sa montre.
Juliette: Je ne suis plus de service. Vous m'offrez un verre et on parle de tout ça mademoiselle.

Quand Juliette quitte l'immeuble, il fait nuit. Sans pluie. Légèrement ivre, elle se rend bien compte qu'elle a rencontré un suspect de première.
Rosa est probablement folle. Elle invente la vie qu'elle aurait eu avec une petite fille morte depuis cinq ans. Elle a elle même dit ne pas avoir d'alibi.  Qu'est-ce que font les autres flics??...  Juliette serait un flic heureux si seulement elle était flic.  Mais elle est suspendue non? Un état entre le citoyen « innocent » et le gardien de la loi. Entre la vie et la mort... Juliette se rend compte qu'elle est mal à l'aise. Il faut qu'elle boive un verre. La belle Rosa attendra le retour d'un vrai flic.

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Le temps passe. La nuit s'installe à mesure que les occupations des gens changent sensiblement. Elles deviennent plus cachées, discrètes... Pas sombre hein? Juste plus discrètes...
Une imprimante fonctionne tranquillement sur un joli bureau très design.
La feuille sort montrant une jolie gamine tenant une poupée de porcelaine.
Une autre feuille sort avec plus de mal. La même photo, mais avec des taches couleur rouille. 
Voix en hors champ: Le sang ne reste jamais rouge longtemps hein?
Derrière le bureau un homme d'une quarantaine d'année fini de se vider de son sang. La silhouette de son bourreau se tient derrière.
Bourreau: Dans les journaux, on me traite de boucher du web.
Un métier honorable que la boucherie. 
Deux yeux à peine emballés dans la photo fraîchement imprimée tombent sur le bureau.
Boureau: Nous avons toujours besoin de bonne viande.
Boureau Et moi qui essaye d'offrir autre chose.
Une deuxième ombre ouvre la porte d'entrée de l'appartement bien éclairé. C'est un bel homme. Il tient une poupée à la main.
Homme: Vous ne l'aviez pas posée la dernière fois.
Boureau: Je l'ai insérée.
Homme: Je me fiche de ce que vous fichez sur votre blaugg.
Boureau: On dit blog.
Homme: En attendant, vous allez poser çà.
Il laisse tomber la poupée par terre.
Homme: là.
Boureau: Et si je ne le fais pas?
Homme: je vous laisse tomber. Sans moi, vous finirez dans une cellule à raconter votre vie pour des bouquins de merde sur les détraqués...
Boureau: Alors que là... je deviens la cible d'une folle. 
Homme C'était le marché... 
Boucher: Vous avez vraiment peur que votre petite chérie  vous laisse tomber ,hein?
L'homme a quitté la pièce comme il y était rentré. Avec discrétion. Comme une ombre sur une moquette pleine de sang.
Le bourreau se penche, ramasse la poupée et la fourre dans un sac.
Boureau: Je ferais ce que je veux de ta petite chérie...

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On sonne chez Juliette. Le petit matin est là. Juliette ouvre. Devant elle : Rosa. La belle femme dans un beau tailleur domine toujours la jeune flic en tee-shirt déformé.
Rosa: Vous n'êtes plus policière!
Juliette se tait un instant. Elle rêve de se recoucher et d'oublier les trois bouteilles de vin blanc qu'elle s'est envoyé cette nuit.
 Juliette: Je suis flic. On m'a juste relevé en attendant la fin d'une enquête.
Rosa regarde au dessus de l'épaule de la jeune femme. C'est rangé dans le petit appartement. Juliette range toujours pour éviter de se prendre la tête les lendemains de cuites. 
Elle range tous les jours.
Rosa: Offrez-moi donc un café.
Juliette se rend bien compte qu'elle n'a pas envie d'offrir quoi que ce soit. Mais l'assurance de cette femme l'amuse... entre deux accès de nausée. Cette femme croit en imposer à la petite policière. 
Juliette essaiera de ne pas vomir en attendant qu'elle reparte avec son café...
Elle se retourne et va dans son salon. Elle sait que les yeux de cette invitée sont collés à ses fesses. Pas qu'elle soit lesbienne la bonne femme. Mais bon… un tee shirt trop court fait toujours de l'effet... pas toujours celui qu'on croit mais quand même.
Juliette met en marche la cafetière. Un simple bouton puisque la jeune femme prépare toujours le petit déjeuner la veille. Ça évite les ratés des petits matins trop cuits. Sur le bar, des bouteilles vides qu'elle ne range pas. Elle n'a pas à avoir honte de ça. Surtout devant cette femme qui se croit en terrain conquis.
Rosa: Pourquoi enquêtez-vous alors qu'on vous l'a interdit?
Juliette: Pourquoi vous dégottez l'adresse d'un flic hors la loi?
Rosa: Vous m'intéressez.
Juliette: Vous voulez me collez sur votre blog?
Rosa: La vie en rose de ma petite fille ne voit pas de flic.
Juliette: Alors?...
Rosa sourit en se levant. On pourrait entendre crisser le noir de ses bas contre sa jupe. Ça exaspère encore plus la gueule de bois de la petite jeune femme... Le café est passé. Rosa prend la tasse de Juliette et la remplie. Puis elle se sert une autre tasse. C'est bien les cuisines où les couverts sont accrochés en évidence. 
Rosa s'approche du buffet. La photo d'une petite fille regarde le vide.
Rosa: Votre petite fille?
Juliette se renfrogne: Non. C'est juste une gamine morte.
Rosa se tourne vers la jeune flic et la regarde, un air grave sur le visage. Est-ce qu’elle pris cette phrase pour elle ?… Rien ne se voit. Sur son beau visage. Juliette sent un élan de violence monter et… repartir aussi vite.
Rosa : Je suis désolé.
Juliette se rend compte que cette phrase est la plus effrayante qu'elle ai entendu depuis très longtemps. Elle boit son café, frissonne et se demande si elle ne devrait pas aller prendre un vieux colt 1911 dans le tiroir du haut de son placard. Elle frissonne en sentant le besoin d'abattre cette femme trop belle qui vient de lui faire peur...
Mais elle n'en a pas le droit. Pour l'instant.
Alors elle oublie et rêve de virer cette femme trop sûre d'elle même.

Le commissariat et, dans son bureau, le capitaine. Chemise bleue, cheveux rasés et œil dur, il regarde l'un de ses hommes. Enfin, Juliette est bien une femme, mais formellement elle est un de ses hommes comme tous ceux qui bossent sur ce secteur. Il pourrait dire que c'est un agent... Mais le capitaine n'aime pas ce nom d'agent. Ça déshumanise. Et il en a eu son compte à l'armée de la déshumanisation des agents humains. Alors il a des hommes et s'en occupe comme il peut. Même si ce sont des femmes. Surtout des femmes comme Juliette Désanges.  
Capitaine: Tu veux quoi?...
Juliette: Je veux des renseignements sur Rosa Sawyer.
Capitaine: Celle dont le blog pourrait être la cible du boucher du net?
C'est bien de cette affaire prise en main par la criminelle et suivi par le FBI que tu veux me parler?
Juliette: Je sais que je n'ai pas...
Capitaine: ... Tais toi alors. Il y a une enquête et même le procureur ne pourra empêcher son adjoint d'aller jusqu'au bout. John Dunby est un fouille merde, mais il est trop honnête pour se coucher. Même devant son patron. On le sait. Tu le sais. 
Capitaine: Alors tu laisse tomber ton boulot et tu fais le dos rond. Comme on aurait pu t'apprendre à le faire à l'armée. 
Tiens ! Ça faisait longtemps que le vieux n'avait pas parlé de l'armée. Juliette range l'info dans un coin de son cerveau embrumé. Le capitaine note que la gamine a remarqué son allusion à l'armée. 
Toujours ce jeu de chat et de la souris entre ces deux là...
Juliette se détourne et regarde la grande carte de la ville. Elle tient ses mains sagement croisées dans son dos. Elle a mis pour l'occasion son jean le plus moulant. Pour lui montrer quelle n’est plus une gamine. Celle qu’il venait voir à l'orphelinat municipal. Elle sait que ça dérange le vieux capitaine de voir disparaître une gamine. La gamine de son ex-collègue. Celui-là même qui tua femme et enfant alors que tous savaient que ça pouvait arriver. Le capitaine se sent honteux. Il aurait pu sauver sa famille mais ne la pas fait. 
Capitaine: Repasse plus tard. J'aurais peut-être quelque-chose.
Juliette sourit et va partir sans en dire plus.
Capitaine: En attendant tu vas faire quoi? 
Juliette ne sourit plus.
Juliette: Voir...
Elle pense à un adjoint du procureur qui veut l'abattre. Elle ! Elle sent une rage monter dans son ventre. Elle la repousse comme on repousse le chat du foyer qui vient se coller à vous au mauvais moment, doucement.Elle repousse tout ça, commence à l'oublier et regarde à nouveau le capitaine. 
Juliette se calme. Le vieux capitaine ne l'a pas quitté des yeux. On dirait un gros voyeur ce capitaine au regard si acéré. Pourquoi est-ce qu'il la regarde comme ça ce fils de p...?! Il se prend pour quoi!!!
... Pour rien sans doute. Juliette allume une cigarette. Comme toujours, la fumée engloutit des pensées qui ne peuvent pas exister. Elle sourit enfin de cet air de petite souris maligne. Le capitaine hésite. Il a encore vu un monstre apparaître dans les yeux d'une souris en blouson de cuir... et partir en ne laissant qu'une petite bonne femme. Comme toujours, le capitaine se tait. 
Juliette: Je vais allez discuter avec John. Il fait erreur sur toute la ligne.
Elle part en laissant un capitaine silencieux et perdu devant ce qu'il a laissé faire il y a plus de vingt ans.

John Dunby raccroche son téléphone. Son supérieur le procureur lui a demandé de réfléchir. De cette voix maîtrisée comme une belle mécanique, Mr le procureur général l'a plus ou moins menacé. S'il continue à vouloir faire plonger un super flic comme Juliette Désanges... Il y passera lui aussi.
John était tellement content de ce job. Il va le perdre à jamais. Finir petit avocat chasseur de causes perdues. À moins qu'il se taise et laisse tranquille une super flic.
John: Un tueur en série!
John essaie de balancer un coup de poing sur l'énorme sac de hamburger qui traîne sur son bureau. Il loupe le sac vide qui frémi juste. John frappe alors son bureau. Se fait mal. Hurle.
John: Je t'emmerde et je l'aurais!!
Voix dans son dos: Tu crois ça John?
Il se retourne et découvre Juliette. Ce petit bout de flic à moitié mangé par ce gros « perfecto » en cuir noir. Mais il y a le regard qui n'est pas celui d'une...
Juliette: Tu crois que tu es meilleurs que moi?
John: Juliette, je suis désolé.
Juliette: Tu est désolé de t'attaquer à moi?
Ce regard. Elle l'avait ce soir chez ce criminel.
Juliette: Personne... Personne n'est plus fort que moi. Alors?
Comment elle a fait?... elle a sortit ce vieux colt 1911 sans que le jeune adjoint du procureur ai pu le deviner.
Le vieux colt sculpté se lève vers le visage du jeune homme.
Juliette: Je vais te montrer qui est le plus fort... John.
John va mourir. Une balle au milieu du front comme tous les autres. Il réfléchit et soudain a l'idée la plus stupide de sa vie. Il prend son énorme sac de papier.
John: Je ne suis rien Juliette. Je ne suis rien du tout...
Et doucement se colle le grand sac puant le ketchup sur la tête.
Il ne voit plus rien, stupide grand mec debout avec sa tête de papier. Il tremble, attend le coup de feu. Il essaie de ne pas bouger et se rend compte qu'il a glissé par terre. Ses jambes sont en coton. 
Le silence de cauchemar. Il ne verra pas le petit bout de femme perdre son sourire tordu et s'enfuir dans un silence de folie. Il enlèvera le sac quand on frappera à sa porte plus tard. Il verra qu'il a survécu et que le petit monstre est parti. Il ira vomir puis se nettoyer la tête pour que cette odeur de hamburger s'en aille. 
Et il ne mangera plus jamais de hamburger de sa vie entière...  
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Rosa est contente. Elle prépare un nouveau monde. Celui de Juliette. La flic tueuse. Rosa sourit toute entière à sa création. Ça faisait si longtemps qu'elle se demandait si sa petite fille n'avait pas trop grandi pour ne pas enfin voler de ses propres ailes. 
Il faut bien qu'elle grandisse et aille...
Sur l'écran les premières photos sont déjà là. Entre les super téléobjectifs et les téléphones portables il y a déjà pas mal d'outils pour attraper une existence en cage. Elle visionne la dernière vidéo. Heureusement que les portes ferment mal. L'entretien des bâtiments administratifs laisse à désirer. Comme quoi la criminalité est fermement liée aux moyens que se donnent les gouvernements pour fonctionner...
Le téléphone sonne.
Elle décroche avec juste l'envie de tuer celui qui la sort de ses rêves.
Voix: On a l'adresse de votre emmerdeur.
Rosa: D'accord.
Voix: Vous irez cette nuit?
Rosa: Non.
Rosa: J'abandonne « la vie en rose ». Ma fille a quitté le foyer.
Voix: Quoi!?
Vous irez! Il le faut. Je vous l'ordonne.
Rosa: J'ai autre-chose de mieux à faire. Vous apprécierez..
Elle raccroche. Son rêve électronique se met en place.
Elle va commencer à faire passer le buzz. D'expérience  ça va être ultra rapide. Elle se tourne et regarde la photo de sa petite fille. La belle femme qu'est Rosa semble s'effondrer. Elle se voûte, perd son regard semble fondre à travers un flot de larmes qui coule, coule, coule... Quand toutes les larmes seront tombées, elle remerciera les fans avant de fermer le blog d'une vie.
Une autre commence. Belle et terrible. Pas de rose cette fois ci. Ils vont aimer. Et s'ils n'aiment pas. Qu'ils meurent. Elle se lève maintenant bien droite et va prendre une douche. Après elle se préparera à animer tout ça.

Juliette boit. Elle a commencé en ville, mais très vite a eu peur des autres. Ils la regardent et se préparent à la dévorer. Cette affaire est une vraie glissade. Elle n'a plus d'arme de service et sa plaque est illégale. Les gens la regardent de travers. Et même la bosse bizarre dans son blouson le rend nerveuse. 
Elle est passé chez un marchand, a acheté de quoi et maintenant elle est chez elle à picoler. Elle a le sentiment d'avoir loupé pour la première fois de sa vie quelque-chose. Elle une étrange odeur de hamburger dans le nez et regarde la petite fille dans son cadre. Ivre, elle n'arrive pas à ignorer que ça cloche. 
Le téléphone sonne.
Du boulot, et elle est moitié trop défoncée pour assumer deux mots de suite.
Le téléphone sonne encore. Elle attend. Il se tait. Les heures passent et Juliette finit par s'endormir.

John Dunbar aime bien « Friends ».
Cette vieille série avec des jeunes de son âge. Mais eux, ils vivent une vie sympa. Avec de l'humour. Et quand ils sont ridicules, ce n'est pas en se pissant dessus un sac puant sur la tête. 
John s'est mis à trembler à partir de la deuxième saison de « Friends ». Depuis, il est là dans son fauteuil en cuir neuf à trembler. Ses abdos sont douloureux et il claque des dents. Joey l’acteur loupé dans friends,vient de louper une nouvelle audition quand John entend enfin ce qui se passe autour de lui.
Quelqu'un est entré. John essaie de se reprendre pour faire bonne figure à ce qui va se passer...


Huit heures plus tard Juliette se réveille au son du téléphone.
Juliette: C'est vous qui avez essayé de me joindre hier?
Téléphone: Non... Mais ça aurait mieux valu que vous répondiez présent.
Juliette: Qu'est-ce qui se passe?
Juliette: John Bunby...

John est mort. La tête a été coupé. Il regardait « Friends ».
Juliette repense à sa première rencontre avec le jeune adjoint du procureur.
Pas à la dernière dont elle n'a aucun souvenir... Non, la première fois, il lui avait parlé de cette série TV. Ou c'est elle. Elle se souvient de ça avec une douleur à la poitrine. Depuis, il lui a bien cherché des crosses pour une histoire tordue qu'il avait inventé. Ou mal vue.  
Et il est mort, là, par terre.
Grand échalas blond. Raccourci. Elle fixe le cou et remarque que le tueur a bien charcuté la découpe. 
Pas vraiment costaud le tueur. Ou un amateur. 
Juliette regarde le mobilier. Il y a un tableau avec des chiens. John avait un cœur d'artichaut... il lui manque. 
Le spécialiste des corps en morceaux est là. Il est moins drôle lui aussi que l'ancien qu'il remplace …pour cause de décés violent. 
Décidément Juliette attire la mort sur son entourage... Mais elle s'en fout. Elle va trouver celui qui a fait ça et elle va l'arrêter. Tout le monde la regarde de travers, mais, là aussi, elle s'en fout. Elle a une chasse qui débute et il n'y a plus que ça qui existe. Ça va la changer de cette drôle de Rosa et de son univers rêvé. De sa gamine morte qu'elle fait revivre sur internet...
Juliette a posé les yeux sur l'ordinateur portable de John. Il est ouvert... En veille ?
 Capitaine: Vous savez pourquoi ils vous matent ainsi lieutenant.
Cette fois ci le capitaine la vouvoie. Elle a affaire au professionnel...
Juliette: Non capitaine.
Capitaine: Vous devenez célèbre. Très célèbre.
La jeune femme se fouille et sort une cigarette. Elle regarde le légiste qui referme le sac de John. Il ne faut pas qu'elle pleure devant ces autres flics. Elle est trop forte pour ça. Le capitaine la tire par le bras.
Elle est maintenant devant l'ordinateur portable.
Capitaine: Vous aimez les blogs Lieutenant ?
Juliette: Internet c'est pas mon truc capitaine.
Capitaine Eh bien, ça va le devenir.
Un blog ouvert. La tête de Juliette. Elle parle de sa vie. De son boulot de flic.
Il y a quelques films même. Un avec elle en culotte et tee-shirt. 
Juliette: Rosa.
Capitaine: Elle est forte avec une caméra, si c'est elle.
Un autre film qui glace Juliette. Elle refuse. Elle ne le voit pas. 
Elle repense à John qui aimait les tableaux avec des chiens et matait « Friends » . Elle recule devant John sur l'écran un sac de papier sur la tête. Une porte se casse dans sa tête. Elle recule encore et s'arrête enfin. Sur l'écran John tombe par terre tout droit et reste immobile son sac sur la tête. Ce n'est pas elle qui a fait ça à John. Cette folle avec cet automatique qui s'enfuit à son tour...

Sur les post de ce blog. Rosa écrit comme Juliette aurait pu écrire. Si Juliette avait pu raconter toutes ces horreurs. Les tueurs en série qu'elle a arrêté. Tués. D'une balle d'ans la tête. Tous. 
Il y a des photos. Prises chez... John. Et... ces poupées en arrière plan. La même en porcelaine. Mais plus posées sur les lieux de crimes atroces. 
Non.
Posées en papier peint sur ce site.
Juliette Désange, la tueuse de tueurs en séries. Tout se brouille… La fuite. L’idée de mort…
Juliette est maintenant chez elle. Elle ne se souvient pas avoir quitté le capitaine. La porte ouverte dans sa tête a tout laissé sortir. Des souvenirs d’une gamine sur une photo. Elle avec sa poupée qu’elle serre quand les détonations éclatent dans sa maisonb. Du sang, des images de rages. Sa famille... Quand elle était petite.
Elle fonce à la cave et ouvre son box à la volée. Elle s'écorche sur le grillage. Elle fouille et met un peu de sang. Elle la trouve. Sa vieille poupée de porcelaine. La même. Vieille, fendue mais c'est elle. La version originale de toutes celles qui ont parsemées ses dernières années d'enquête contre des cinglés. 
Comme toi.
Juliette serre la poupée, la jette et l'écrase à coup de talon. 
Elle est à la base de ces cinglés...
Elle frappe le sol.
Cinglée.
Folle.
Le talon gauche de sa botte se casse. Elle frappe encore les débris de poupée.
Elle est une tueuse.
La pire.
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Dans sa voiture elle fonce. Juliette évite les habituels conducteurs du dimanche.
Mais on n'est pas dimanche. Sur le siège passager, le vieux colt 45 à la crosse sculptée. Il lui fait horreur. Mais il n'y a pas de raison qu'il ne soit pas invité à la fête. Visiblement il en a jamais loupée une, de fête...
Voiture mal garée, Juliette entre dans l'immeuble.
Juliette: Rosa Sawyer!
Elle a crié son nom dans l'escalier. La poussière se soulève quand elle monte les marches de bois vermoulu.
La porte de l'appartement s'ouvre sans problème. Vide. Une table de cuisine sur laquelle a été posé une vraie poupée de porcelaine. Plus loin, un écran plat d'ordinateur montre ce foutu blog sur Juliette avec en direct, la poupée de porcelaine. Une caméra doit être braquée dessus pour les putains de fans. Dans le petit évier deux tasses de café ont été posées. Rosa a reçu... Juliette remarque enfin les traces.
Du sang. Et l'odeur de poudre. On a tiré un coup de feu ici. Et on a fait mouche... Juliette va appeler des secours. Se rend compte qu'elle a passé le stade des secours. Qu'elle doit finir ça seule et bien.
Les traces montent au toit. Position de sécurité, arme levée devant. Gestes brusques. La porte ouverte et ... pas de pluie. Bizarre. Généralement il pleut toujours sur les toits d'un drame. 
Rosa: Tu sais que c'est très dur de découper le cou d'un homme?
Juliette est sur le toit et découvre Rosa par terre. Adossée au parapet.
Rosa: Mais ça l'est moins que de dire à un homme qu'on ne lui appartient pas. 
Rosa est blanche comme un linge. Elle n'est plus très belle dans ses fringues couvertes de sang et de poussière. Juliette lève son arme vers elle.  
Rosa: Quand il m'a offert l'adresse de tous ces trolls. De tous ces monstres qui salissaient la vie en rose. Ma fille. J'ai accepté en échange de ses satanées poupées que je devais poser.
Mais à ma manière, sur des fonds d'écrans, des images pour le site. Il n'a pas aimé...
Rosa: Faites plaisir à un homme je vous jure...
Rosa a un spasme. 
Rosa: Une balle dans le ventre, c'est pas du plaisir non plus.
Rosa: Et puis comme je l'avais bien compris, tu es venue. Mais ce qu'il n'a pas prévu, c'est que ma petite fille partirait et que je découvrirais une gamine plus grande et qui aurait  besoin de moi. Tu ne m'a pas dis si tu aimais ce que j'ai fait pour toi sur ton site...
Plusieurs milliers de visiteurs pour te voir telle que tu es vraiment ma jolie flic.
En quelques heures.
Rosa: Désolé pour John. Il s'y prenait mal et allait louper ton tournant.
J'ai vraiment eu du mal pour la tête...
Allez maintenant, pour tes fans, réussis cette arrestation.
Au loin, les premières sirènes. Le capitaine est sympa. Il a laissé son temps à Juliette. Elle lève son arme. 
Juliette: C'est qui le type aux poupées ?
Rosa: Je pencherais pour celui qui a fait de toi ce que tu es... Là.
Juliette n'a pas le temps de se retourner que son genoux explose.
Elle tombe en criant. Derrière elle s'avance un bel homme un révolver à silencieux en main. 
Bel homme: J'ai tout fait pour toi. Je te protège depuis si longtemps et tu me remercie en te faisant piéger comme la première victime venue.
Juliette: Qui?...
Négligemment l’homme lâche une balle qui éclate l’épaule droite de Juliette.
L'homme s'avance. Un vraiment bel homme avec ce visage parfait.
Normal qu'il réussisse en politique. Procureur général.
Procureur: Je t'ai fabriquée du premier jour au dernier et tu t'es fait baisée par cette demi pute du web. 
Juliette rampe en arrière.
Procureur: Tu vas finir dans les journaux comme une vulgaire tueuse alors que je t'avais fabriquée ! Tu étais ma plus belle poupée ! 
Procureur: Ma propre fille.
Juliette revoit son père et ce colt qu'il maniait devant elle... 
Il n'est pas mort. Tout était calculé pour rester dans le contrôle de ce père. Tout préparé pour rester éternellement auprès de sa poupée préférée.
Jusqu'à l'opération du visage de la voix.
Procureur: Heureusement que je suis un bon père. Je vais t'éviter l'infamie de la prison et des journaux à sensation. Prend le colt et finis cette femme.
Tu ne vas pas laisser cette femme être meilleure que toi non?
Juliette recule tombe. La douleur dans sa jambe est atroce. 
Il n'y a que dans les films qu'on supporte ça. 
Juliette: Papa...
Procureur : Allez!!! Une balle dans le front! Comme je t'ai appris.
Il sort de sous son impers une énième putain de poupée de porcelaine. Il sourit, l'air totalement fou. C'est le jour des fou pense la petite jeune femme sans sourire.
Procureur: c'est pour toi. Comme toutes celles que j'ai semé autour des tueurs que je te mettais sur la route. Pour te dire que je t'aime ma petite fille .
Juliette se colle à un mètre de Rosa. Celle-ci est en train d'agoniser.
Procureur: Une balle, vite!
Ils arrivent!!!!
Effectivement des cris proviennent de la cage d'escalier. 
Tu es la meilleure, ma poupée. TIRE!!!
Le beau procureur ne voit pas le regard de Juliette s'attarder sur un éclat de verre fixé sur un coin du toit.
Une caméra posée par Rosa. Finalement la folie de certains peut avoir du bon. 
Juliette attrape la main de Rosa. Encore souple et chaude. Juliette ne sent rien quand elle se tire une balle dans la bouche.
Procureur: Non!
Il lève son revolver vers Juliette un air de dégoût sur le visage. Sa poupée l'a déçu... Mais il  ne peut plus tirer. Son bras retombe suivi de tout le corps. Dans son dos le capitaine vient de débarquer et de vider son barillet sur le procureur général. Le p38 fumant, le capitaine s'approche.
Il a l'air si désolé. Il s'accroupit à côté de Juliette. Elle respire encore, ses yeux le fixent soudain. La balle a tout fracassé mais en a laissé assez.
Juliette ne sent plus rien, ne peut plus bouger. Si elle est encore vivante, elle ne s'est pas loupé... 
Trop comique...
On dit qu'à force de sombrer on finit toujours pas toucher le fond. Et qu'alors il suffit de donner un coup de pied pour remonter... Juliette comprend que dans son cas on a dû lui péter les genoux pour lui éviter la remontée. 
Le soleil se lève enfin. Une vrai belle lumière inonde le toit. Et la pluie se met à tomber. En même temps. Soudain elle sent la main du capitaine passer sur son visage déchiqueté Elle est chaude cette main malgré la pluie glacée qui traverse. Juliette sent encore des choses. Bon, ça fait mal mais elle a l'habitude...
La main du capitaine lui donne l'impression de la tirer en arrière. Vers la surface. Elle voit tous ces uniformes arriver sur le toit. Avec le soleil dans les yeux et toute cette flotte il y a même un toubib qui glisse et se vautre dans un bel arc en ciel de blouse blanche. Il jure et se relève tout crasseux.
Juliette, immobile à pleurer, sourirait bien à ce gag...
Du soleil, de la pluie 
 De belles glissades
La vie, quelle rigolade... 

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Fin de Dolls killer.








S y n o p s i s
(découpage scène par scène)

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Version du  DATE \@"DD/MM/YYYY" 08/03/2011